Contexte
Erika requiert d’annuler la décision fédérale
Depuis des années, Erika Spring récolte des signatures en faveur d’initiatives ou référendums. La décision qu’a prise la Chancellerie fédérale d’invalider les signatures où l’on a eu besoin d’aide pour écrire nos coordonnées, la révolte. Elle requiert d’annuler cette décision.
Il n’est pas rare qu’Erika Spring seconde des personnes désirant défendre une cause politique, en écrivant leurs coordonnées. Ensuite, la personne concernée signe elle-même. Pour Erika, c’est d’autant plus incompréhensible d’invalider de telles signatures. «On peut remettre sa déclaration d’impôt sans signature, mais pas exprimer son opinion politique?» Or, ce sont justement des personnes en situation de handicap ou âgées, qui ont besoin d’aide pour exercer leurs droits politiques.
Autiste, Erika reçoit une rente AI en raison des atteintes à sa santé et d’un accident. Elle a dû renoncer à son activité dans un EMS. Mais elle se souvient de situations où des résident·es n’étaient pas adéquatement épaulé·es pour exercer leurs droits politiques, ne serait-ce que de recevoir leur enveloppe de vote. Pour elle, de telles restrictions s’opposent à une participation politique égalitaire.
C’est pourquoi elle s’engage en faveur de l’initiative lucernoise sur la participation (Teilhabe-Initiative), qui veut permettre aux personnes en situation de handicap mental ou sous curatelle d’exercer leurs droits politiques. Pour la Lucernoise, ces droits font partie des droits civiques élémentaires: quiconque fait partie de la société est concerné·e par les décisions politiques et doit donc pouvoir se prononcer sur les questions sociétales et politiques.
Erika remarque que des services étatiques acceptent parfois des processus administratifs sans autographe, mais posent des exigences plus rigoureuses pour les droits politiques. Elle a l’impression que les personnes en situation de handicap sont reconnues comme contribuables, mais pas vraiment comme citoyen·nes à part entière.
Et d’insister car elle connaît des solutions novatrices: en Papouasie-Nouvelle-Guinée, des personnes peuvent signer des documents à l’aide de leur empreinte digitale. Cet exemple montre que la participation politique ne doit pas être liée à la manière traditionnelle de signer.
Ses propres expériences ont fortement marqué sa conscience politique. Ce qu’elle a dû affronter des années durant la conforte dans son envie d’agir en faveur des droits d’autres personnes.
Tenter de restreindre les personnes en situation de handicap dans l’exercice de leurs droits politiques n’est pas digne d’une démocratie.
C’est pourquoi Erika requiert que la Chancellerie fédérale annule son changement de pratique pour attester les signatures d’initiatives ou référendum. Car celle-ci pose une question fondamentale: la participation politique est-elle réellement possible pour tout le monde?